Nous sommes dans le 13ᵉ arrondissement de Paris, plus précisément à l’extrême sud de la dalle des Olympiades.Cette dalle, qui perce la ville, compose un paysage fait de plaques horizontales superposées, pressées par des volumes verticaux massifs qui s’élancent dans l’air dès qu’ils émergent. Le paysage environnant offre une toile de fond d’architectures existantes, historiquement nuancées.Ici, au niveau de la proue plus précisément, les contraintes sont nombreuses et fortes. Tout conduit vers une solution d’ajustement dans un gabarit déterminé : hauteurs, limites, alignements… Serions-nous amenés, par la force de l’existant, à une architecture d’emboîtement, dans le sens le plus mièvre du terme ?S’appuyer sur un environnement déjà construit n’est jamais évident. Il faut alors raisonner à l’inverse et se poser quelques questions essentielles : quelles qualités peut-on apporter à ce futur environnement incertain ? Comment coexister avec lui, à ses côtés, sans lui nuire ?Pour y répondre, mon travail s’est acharné sur les anomalies du site et surtout sur le contexte — ou plutôt les contextes : la dalle, les rues, les jardins, la gare, les tours… J’en ai conclu que la réponse résidait dans la valorisation de ce contexte, tel qu’il est.Un travail d’équilibriste, prenant en compte les différents vis-à-vis et les multiples perceptions. Je propose ainsi de matérialiser le territoire et de lui donner l’échelle d’un équipement urbain exceptionnel, dans le respect de la géométrie urbaine existante.C’est aussi une question de paysage. On ne peut créer ici un objet massif, posé, d’une géométrie approximative, qui s’imposerait maladroitement uniquement par sa taille. Il faut conserver les rues et les rails de train traversant le site, leurs qualités de jalons.En conséquence, le nouvel objet doit être d’une autre nature : plus léger, plus audacieux.Je propose donc un TRACE de 100 mètres. Un tracé au sens imprimé, indélébile, inscrit dans la dalle et le sol, destiné à s’inscrire dans le temps long. Un tracé linéaire et dynamique, un sillage, un parcours.Un tracé de lumière qui traverse et perfore le relief. Énigmatique, il met en confrontation la lumière et la matière. Là où, généralement, la matière arrête la lumière, ici elle est perforée par elle.La lumière devient alors une invitation à découvrir des extrêmes : la masse et l’évanescence, l’épaisseur et la finesse, l’invisible et le visible, le caché et le montré, la disparition et l’apparition.Ces extrêmes ont pour vocation de devenir une promenade urbaine traversant la dalle, fière de son aura sur son territoire.Ce sillon de la culture s’implante, se développe, selon un rythme et des programmes définis, que seule l’histoire précisera, faisant appel aux médiums du futur.